Angers. La blouse, tradition des "Gadzarts" des Arts et métiers

 

Giovanni Dall'Ava, Guillaume Brimont (assis au centre) et Florian Clavel, Gadzarts de deuxième année : « Ce qui nous plaît aussi aux Arts et métiers, c'est la vie extrascolaire très riche... » © Ouest-France

 

On reconnaît un futur ingénieur des Arts et métiers d'Angers à la blouse grise peinturlurée qu'il porte en dehors des cours. Une coutume presque aussi ancienne que l'école qui fête ses 200 ans toute cette année.

 

Ils sont trois, de la promotion AN 213. Comprenez, Angers 2013. Guillaume, Giovanni, tous deux 22 ans, et Florian, 21 ans, sont en 2e année à l'école nationale des Arts et métiers, classée dans le top 10 des écoles d'ingénieurs en France. Cette école est réputée pour ses formations d'ingénieurs « généralistes ». Elle se distingue par la qualité de son enseignement, mais pas seulement. La vie étudiante y est très riche. Et ici, la tradition a du bon.

La blouse grise partout

Le signe le plus visible de l'élève des Arts et métiers ? La blouse ! Il la porte partout, « sauf en cours et quand on va voir l'administration », précise le trio. Et cela fait des générations que cela dure. « Elle rappelle le côté technique des ateliers qui autrefois, occupaient une place plus importante. »

Quand il arrive sur le campus la première année, chaque élève reçoit sa blouse grise. De semaine en semaine, le vêtement se personnalise : « On peint un grand dessin qui couvre tout le dos, raconte Florian. Nos amis écrivent sur les manches, le col... Et pour que cela ne soit pas effacé au lavage, on passe un coup de fer à repasser avant... » On y trouve aussi, accrochés, divers objets glanés au cours de l'année, offerts par les copains. Ou le parrain.

Un numéro pour la vie

La tradition veut aussi que chaque nouvel élève se voit attribuer, selon son caractère et ses affinités, un parrain ou une marraine. « C'est un groupe de deuxième année qui s'en occupe, explique Guillaume. Chaque parrain a un numéro qu'il transmet à son filleul. Le mien, c'est 106. Pour la vie ! »

Les Arts et métiers représentent un réseau, un esprit de groupe qui se transmet. « Le réseau d'anciens élèves des Gadzarts (1) est l'un des plus importants d'Europe. » C'est comme un lien invisible qui unit tous les Gadzarts, peu importe l'année de leur promo.

L'esprit de groupe des Arts et métiers se voit et s'entend deux fois par an dans les rues du centre-ville. Les élèves y paradent en uniforme, hérité du passé militaire de l'école, et interprètent des chants.

« La blouse, c'est aussi notre manière d'afficher notre fierté d'appartenir aux Arts et métiers », reprend Guillaume. Une fierté qui prend ses racines dans les valeurs humanistes (entraide, tolérance...) prônées par l'école. « La blouse permet aussi de ne pas faire de distinction vestimentaire entre les élèves », assure Giovanni. Histoire de rappeler le rôle d'ascenseur social de l'école nationale des Arts et métiers dont les premiers élèves étaient des pupilles de la Nation.

(1) « Gadzarts » est le surnom donné aux élèves ou anciens élèves des Arts et métiers (ne pas confondre avec les Beaux-arts). Il vient d'une contraction de « gars des Arts ». Chaque élève se choisit un surnom, qui reflète sa personnalité. Il le conserve toute sa vie et peut l'utiliser dans ses relations avec les anciens élèves. (Source : Arts et métiers, l'école de la technologie, d'Olivier Vercherand et Anne Téqui. Editions Cherche-midi. 127 p. 35 €.)

 

Vous n'avez pas les droits pour poser des commentaires.